Teddy Bertin teste la caravane d'Eric Bonnarme

Eponger les plâtres, telle était la rude besogne confiée à Teddy Bertin, une lourde tâche l’attendait : pendre la crémaillère de la caravane ! C’était mission impossible en quelque sorte. Pourtant il y a deux grosses différences avec ce feuilleton qui nous est cher à tous : Teddy n’est pas Monsieur Gibs, et la bande ne s’auto détruit pas dans les quinze secondes...

 

>Un pedigree digne d’un vainqueur du prix de l’arc de Triomphe !
 Vous allez tous me dire que vous le connaissez bien Teddy, c’est le capitaine de la Berrichonne et il n’a rien d’un réserviste. À 37 ans, il a joué au Havre, à Marseille, à Strasbourg... En coupe, il a été vainqueur en 2001, il a fait 4 matchs européens, etc, etc...

>Un gros cœur qui bat !
Alors rassurez vous, nous avons parlé de tout et très peu de foot, et Teddy sous ses airs de briseur d’attaquant, il cache un gros cœur et il n’est pas le dernier pour mettre un bon mot…dans la lucarne, bien entendu !

 

>Scoops toujours prêts !
Vous voulez des scoops, vous allez en avoir, Teddy, le bourlingueur du foot qui a sillonné notre pays de long en large vous en dira un peu plus sur notre belle région. Vous apprendrez également que sous le cuir tanné du sportif il y a un homme. Et oui ! Le footballeur aussi est un être sensible, qui n’oublie pas ses origines et qui se met à la portée de son prochain.

Voilà, voilà, ça va commencer comme dirait, pardon, chanterait Michel Fugain.

Début du Match, Teddy, invité, met en jeu :

- Teddy Bertin : aller, on trinque avant de commencer ! 

- Eric Bonnarme : Bon, dans ton boulot, tu es capitaine, en quoi cela consiste exactement, c’est toi qui te fais engueuler quand ça ne va pas ?

- Teddy : Capitaine, à la base, c’est une marque de confiance donnée par l’entraîneur, c’est lui qui emmène ses troupes vers l’avant, quand ça ne va pas, il remonte les bretelles de ses coéquipiers. Sur le terrain, il y a des choses que je veux faire respecter et d’autres que je n’aime pas, alors je le fais remarquer aux autres, qu’ils aiment ou qu’ils n’aiment pas; je suis là pour cela.

- Eric : Tu as déjà été capitaine auparavant ?

- Teddy : Oui, au Havre et à Strasbourg. 

- Eric : Tu n’as jamais pris de gallon ?

- Teddy : Eh non, je ne suis pas encore passé commandant; mais capitaine c’est aussi une marque de confiance, de respect, à 37 ans, je suis le plus ancien dans «l’entreprise», et il y a aussi l’expérience.

- Eric : Pour en savoir un peu plus sur le personnage Teddy Bertin, par exemple, est-ce que tu fais du sport après le travail ? Tiens, au hasard, du foot ?

- Teddy : Non, pas de foot, mais je fais du sport. J’ai 6 chevaux et je pratique l’équitation, je pars en promenade, en été, quand il fait bon, cela permet de se changer les idées, de se détendre et de penser à autre chose qu’au boulot. J’aime bien aussi une bonne virée avec les copains pour une partie de snooker. Ça permet de faire retomber la pression après le travail, de souder l’équipe et puis la soirée avançant de se dire ce que l’on pense. Malheureusement, il n’y a plus de snooker à Châteauroux.

- Eric : Pour rester dans les loisirs, qu’est ce que t’écoutes comme zik ?


- Teddy :
Plutôt du funk et du R&B, mais de l’ancien, Earth Wind and Fire, Kool and The Gang, c’est ma génération, à l’époque, quand je sortais, c’était pas les boîtes, mais les bals. Je n’aime pas le métal, par contre le rock c’est bien, j’adore danser. Sinon lorsqu’il fait mauvais, j’aime bien le ciné et chez moi, je peux regarder 3 DVD sur la journée.


- Eric : Tu n’es plus très loin de la retraite, alors comment vas-tu occuper ce repos salvateur au combien mérité ?


- Teddy : C’est vrai, j’ai 37 ans et généralement, une carrière professionnelle s’arrête à 34, 35 ans, mais tant que je suis en bonne santé, que la condition physique et que le moral sont là, je continue. Pour la reconversion, je n’y pense pas encore vraiment. J’ai plusieurs idées, Encadrer les jeunes, par exemple, et leur transmettre mon expérience. En ce moment, je passe mes diplômes d’entraîneur, j’ai prolongé mon contrat d’un an, et j’aimerais beaucoup rester à Châteauroux à la fin de ma carrière pro. Je me plais dans le Berry et dans l’Indre, il y a le calme, la tranquillité, la nature, en 4 ans, je n’ai jamais vu autant de sangliers, de chevreuils, et de cerfs, le soir en rentrant en voiture. Je suis pourtant Picard, mais ici la nature, c’est quelque chose. C’est une région idéale pour les enfants et on ne peut pas demander mieux.


- Eric : Merci de me tendre la perche pour cette transition, mais, as-tu des enfants ?


- Teddy : Non, pas encore, on profite un peu de nous, mais ça viendra, et pourquoi pas de petits berrichons, ou des petites berrichonnes, car, dans ma branche, il est assez courant d’avoir des filles.


- Eric :
Est-ce que tu participes aux tâches ménagères ?


- Teddy : Bien sûr, je suis fils unique, mes parents étaient ouvriers et ils ont divorcé quand j’avais 6 ans. Alors j’ai été élevé par ma mère, comme elle faisait les 2 ou les 3 huit et que son travail était dur, en rentrant de l’école, je faisais le ménage, la vaisselle pour qu’elle n’ait rien à faire en arrivant. En plus pour la propreté, je suis plutôt maniaque, je peux passer l’aspirateur plusieurs fois par jour, donc je fais ma part de boulot.


- Eric : Tu parles de faire la vaisselle, mais la bouffe, le bon vin, t’aime çà ?


- Teddy : Oui, le vin, je l’ai découvert en arrivant dans la région, et j’y ai vraiment pris goût avec Thierry Dessolière qui est un très bon ami, une bouteille de vin, entre copains, c’est vraiment un plaisir incomparable et les vins berrichons sont vraiment excellents.


- Eric : Pour revenir au boulot, que penses-tu, maintenant que le soufflé est retombé, du geste de ton collègue Zinédine Zidane ? Qu’est ce que tu aurais fait à sa place ?


- Teddy : Je pense que sa réaction est normale, pour moi ce serait pareil, si on insultait ma mère, malheureusement, elle n’est plus de ce monde, ou ma femme, je crois que je réagirais de la même façon. Pour que Zinédine aille aussi loin, il a fallu que Materrazzi ait des propos très injurieux. Maintenant la pression peut aussi contribuer à nous fragiliser. C’est triste pour les jeunes qui l’admirent, mais il est resté humain.


- Eric : Ton boulot, il y a beaucoup de gamins qui aimeraient le faire, mais est-ce que certains jours tu n’y vas pas avec des pieds de plomb ? 


- Teddy : Bien sûr, comme tout le monde, l’hiver, les matins où il fait - 4 ou – 5°, je préfèrerais rester au chaud, mais même au quotidien, on fait le plus beau métier qui puisse exister et en plus on a tout, on est bichonné, on s’occupe de nous. C’est d’ailleurs quelquefois un problème avec les jeunes, à 18, 19 ans, ils ne se rendent pas compte de cela, ils n’ont plus le respect des anciens, des gens qui s’occupent d’eux, du public. Tout leur est dû, moi j’ai commencé à 17 ans ; comme les gamins de mon âge, je portais les buts, les sacs des anciens, c’était normal, et ça devrait toujours l’être. C’est vrai que maintenant, on paye des millions le transfert de gamins de 15, 16 ans, alors après pour le respect tu peux courir. Ils pensent tous aux grands clubs, et si par hasard ils ont un contact, tu ne peux plus rien leur dire.


- Eric : Et ton arrivée à Châteauroux, comment ça c’est passé ?


- Teddy :
A l’époque, j’avais 32 ans, et il n’y avait pas beaucoup de clubs qui voulaient m’avoir. Châteauroux à fait la démarche. Rien que pour cela, j’avais à cœur de faire un bon coup, et on l’a fait avec la coupe de France. Pour la Berri, pour Châteauroux, c’était un super truc, la ville entière était aux couleurs du club, les gens ne vivaient que pour la Berri, et c’était beau, c’était fantastique à voir du terrain. C’est vraiment ce qui m’a motivé, et lié à la région.
Mais en dehors du boulot, ce qui m’apporte énormément ce sont les associations. Il y a quelques semaines, par exemple, j’ai participé à une kermesse pour le cancer à Rivarennes, à côté de St-Gaultier. Je sais ce que c’est, cela me touche particulièrement, j’ai perdu mon père d’un cancer de la gorge, ma mère d’un cancer du sein et mon grand-père d’une leucémie. C’est la même chose pour les handicapés, je suis parrain d’une association, l’avenir de Chloé, pour la neurodistrophie, la maladie de la fille de Jean-Pierre Papin, j’ai fait faire des maillots et j’en refais faire cette année pour récolter des fonds. Il y a beaucoup de choses comme cela qui me touchent, pour moi, y prendre part c’est naturel.
L’année dernière j’ai participé à un match de foot handisport, sur un fauteuil électrique, là j’ai vraiment joué sur un pied d’égalité, j’étais au milieu de joueurs comme toutes les semaines.


- Eric :
Pour finir, Teddy, t’aime le bricolage ?


- Teddy : Oui, plutôt.


- Eric : Ça tombe bien, tu vas pouvoir m’aider à finir la caravane, en dehors des heures de boulot, bien entendu !


Sarramagna est-il l'homme de la situation ?

Non
Oui
Pas d'avis