Patrick Trotignon rêvait, il l’a fait. Mais il ne le dira pas. C’est la pudeur du vainqueur, la modestie du gagnant, la coquetterie du malin. Mais gagner à Gaston-Petit et en repartir avec une place de leader, il devait jubiler à l’intérieur, l’ami Trot’. Et finalement, tout le monde éprouverait semblable plaisir.
Le président d’Evian préférait la jouer grand seigneur : « Je comprends la frustration de la Berri qui a pris ce but à la dernière seconde. Nous avons, nous aussi, connu pareille déception face à Tours ». Concernant le penalty, là encore il compatissait : « C’est un fait de match. C’est dur pour Châteauroux bien sûr. C’est une décision arbitrale… »
En tout cas, on ne peut être catégorique dans un sens ou dans l’autre. Haddad, ou Baby à l’extrême gauche, étaient-ils déjà dans la surface au moment où Constant frappait le penalty ? L’arbitre estimait que oui. Pas Serge Marchetti (voir ici). M. Auroux faisait donc retirer le penalty. Et Kévin Constant le manquait et ratait ses adieux. L’image va être cruelle : plus tard, à son remplacement, il va saluer son public, et une partie de ce dernier l'a conspué. Non pour son départ, mais pour sa nonchalance affichée durant le match et sans doute aussi pour son penalty raté, ou plutôt arrêté par Laquait.
Un effectif enfin clos
Revoilà Patrick Trotignon : « J’aurais été heureux avec un match nul. Alors, forcément avec la victoire… Mais c’est vrai que Châteauroux poussait et que mon équipe est particulièrement habile en contre ». Et si ce but fait mal, très mal, la victoire d’Evian n’est pas non plus un hold-up.
Car Fernandez a réalisé des parades et parce que Scaramozzino a sauvé sur sa ligne. Châteauroux n’est plus invaincu et ce n’est pas un drame. Châteauroux ne fera pas un meilleur été que celui de 2009. La Berri de Bijotat avait 11points après 5 matches, la Berri de Tholot en a 9. Il faut surtout que la Berri 2010 fasse un meilleur automne/hiver.
Pour cela, l’état-major a bouclé son mercato. Kévin Constant est donc prêté à Chievo Vérone. Voilà qui a permis au club d’embaucher. Il y aura Elie Dohin, un latéral de 27 ans, que Didier Tholot a bien connu à Ajaccio. Et il y aura un milieu gauche, Quentin Othon, 22 ans, qui évoluait à Ajaccio.
Tous les postes sont maintenant doublés. En espérant que cette concurrence tire le groupe vers le haut niveau. Chacun, au club, s’accorde à dire que le vestiaire est sain cette année. On pourra vite jauger cette vertu morale à la capacité de l’équipe à digérer ce premier revers de la saison.
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