Anthony Ravard a remporté au sprint la Classic de l’Indre. Une bonne habitude.
On attendait un sprint massif magnifique-comme d’habitude- et l’épilogue a été conforme aux pronostics pour cette 8e édition de la Châteauroux Classic de l’Indre Trophée Fenioux.
Pourtant la journée avait débuté de manière agitée. En milieu de nuit un violent orage mettait à mal une partie des installations. Bernard Mousseau, vice-président de l’épreuve, évoquait ses péripéties : « Quand j’ai pris le volant à 12h j’avais un peu peur. C’est la première année comme ça. On a eu des problèmes de date, de forfaits de coureurs (Feillu, Vinokourov, Bonnet) et cette nuit d’orage. Jean-Luc Pernet (Président de l’épreuve) m’a appelé à 4h30. On a commencé à remonter ce qu’on a pu. Quand les gens sont arrivés ils nous ont aidés et on a fini juste à temps. C'est ça aussi l'esprit de la Classic ». Jean-Luc Pernet soupirait, soulagé : « L’équipe a su réagir, ça s’est bien fini ».
Une course nerveuse
Le peloton, lui-aussi réveillé par l’orage, s’est élancé à midi sous une chaleur étouffante de Châteauroux vers le nord du département (présentation de l’épreuve ici). 198,9 km à parcourir sur un tracé peu favorable à des échappées au long cours. 50 km parcourus dans la première heure le rythme est très élevé dès l’entame. Même si la seconde heure est moins soutenue. Pourtant trois hommes sortent du peloton : Lalouette (Roubaix lille-Métropole) et les Belges Planckaert (Lanbouwkrediet) et Vand Melsen (Véranda's). A 80 km de l’arrivée l’écart se stabilise à 2’30. Mais le peloton accélère et les échappées sont rejoints après une bordure (km 126). Un groupe de dix coureurs, avec autant d’équipes représentées, sort du peloton. Réaction tardive des équipes de sprinters qui peinent à s’organiser.
Nouvelle cassure à 48 km du terme à la faveur d’une longue ligne droite à la sortie de Vineuil. La collaboration dans le groupe de dix est difficile si bien que la course est particulièrement décousue à l’approche du circuit final. Mais le peloton maintient l’écart à moins de 30 secondes.
Au premier passage sur la ligne d’arrivée quelques petits groupes s’accrochent à un mince espoir de déjouer un peloton vorace. Deux coureurs d’AG2R Kadri et Béjard insistent parmi un groupe de six. 17 secondes au second passage sur la ligne, plus que jamais un sprint tardif semble inéluctable. A deux tours de la fin le peloton avale les imprudents.
Ravard dans la bonne roue
Les équipes de sprinters annihilent toutes velléités. La FDJ de Marc Madiot mène un train d’enfer sous l’impulsion de Jérémy Roy, supercombatif du dernier Tour de France. Anthony Geslin sert de poisson-pilote pour le sprinter-maison, Yauheni Hutarovich. Mais Ravard sent le coup venir et prend la roue du sprinter biélorusse. A 50 mètres de la ligne il fait son effort et soulève pour la troisième fois les bras après 2008 et 2010. L’espoir Néerlandais Bovenhuis (Rabobank) complète le podium.
Le vainqueur du jour était évidemment heureux mais restait inquiet de certaines douleurs persistantes : « J’ai galéré. J’ai pas mal souffert au niveau de mon dos et de ma jambe gauche depuis plus d’un mois. Quelquefois j’ai envie d’arrêter le vélo. Mais ce sont des courses comme ça qui font qu’on veut continuer. Mes équipiers ont fait un superbe travail. Yannick Martinez m’a protégé sur tout le final. On s’est fait piéger dans la première bordure. J’ai dit alors qu’il fallait mieux qu’on passe devant, quitte à se fatiguer plus. On gagne aujourd’hui et c’est une grosse satisfaction. J’ai la chance d’avoir la fibre rapide. Après j’ai pris la bonne roue, celle d’Hutarovich. Je suis ravi de gagner à Châteauroux. Je crois que je vais y acheter une maison. Je suis déçu que l’équipe n’ait pas fait le Tour…peut-être que j’aurais battu Cavendish ! ».
Yauheni Hutarovich regrettait d’avoir déclenché le sprint un peu trop tôt : « C’est la troisième fois que je viens et j’avais déjà fait 4e. L’équipe a bien travaillé. J’ai essayé de partir car je n’avais pas trop de place côté gauche. Mais je suis parti un peu tôt. Anthony Ravard a pris ma roue et a fait ce qu’il fallait pour me passer aux 50 mètres. J’espère être sélectionné pour les Championnats du Monde (à Copenhague le 25 septembre) parmi les trois coureurs représentant la Biélorussie. Le circuit me convient, comme celui de Châteauroux ».
La bonne affaire de Gallopin
Côté déception Jimmy Casper (Saur-Sojasun), pas dans un bonjour, finit loin (18e). Tony Gallopin, 8e, conserve la tête de la Coupe de France à trois épreuves de la fin.
Cette course nerveuse, sans chute, ponctuée par un sprint royal, réjouissait des organisateurs fatigués mais heureux : « C’était très animé notamment entre Vatan et Lignez » remarquait Jean-Luc Pernet. Son compère Bernard Mousseau restait abasourdi à l’arrivée du rythme imprimé par les coureurs : « C’est un beau vainqueur, il y a eu de la bagarre toute la journée. A la sortie de Vatan il y a eu des bordures, c’était impressionnant. Des coureurs ont parfois roulé à plus de 70 km/h ! ».
LES CLASSEMENTS
Classic de l’Indre : 1er Ravard A (A La Mondiale) les 198, 9 km en 4h23’07’’ (moyenne 45,356 km/h) ; 2e Hutarovich (FDJ) ; 3e Bovenhuis (Rabobank espoirs ; 4e Gilbert (Team Spidertech) ; 5e Haddou (Team Europcar) ; 6e Bol (Rabobank espoirs) ; 7e Sobrino Martinez (CAja Rural) ; 8e Gallopin (Cofidis) ; 9e Commeyne (Landbouwkrediet) ; 10e Verbist (Veranda)…18e Casper (Saur Sojasun)… tous même temps.
Classement par équipe: 1er Rabobank ; 2e Landbouwkrediet ; 3e Saur-Sojasun ; 4e Bretagne-Schuller ; 5e Itera-Katusha…
Classement des jeunes: 1er Bovenhuis (RB3) ; 2e Bol (RB3) ; 3e Gallopin (Cof) ; 4e Hofland (RB3) ; 5e Kritsky (Tik)…
Classement général de la Coupe de France:1er Galopin (COF), 129 pts ; 2e Feillu (VAC), 110 pts ; 3e Georges (Big Mat), 93 pts ; 4e Delaplace (SAU), 90 pts ; 5e Casar (FDJ), 75 pts ; 6e Voeckler (EUR) 70 pts ; 7e El Fares (COF), 61 pts ; 8e Hardy (Bretagne-Schueller) 55 pts ; 9e Ravard (AG2R), 53 pts ; 10e Fédrigo (FDJ), 53 pts…
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