Le pistard issoldunois présent à Cali (Colombie) la semaine dernière pour la seconde manche de la Coupe du Monde sur Piste se souviendra longtemps de décembre 2010. En tout début de semaine il devenait papa d'un petit Charles avant ensuite de tout rafler sur le vélodrome colombien marquant par la même les esprits face au gotha mondial du sprint.
Quand vous laissez sur la deuxième et la troisième marche du podium, le triple champion olympique et le double champion du monde en titre, la performance ne peut être banale. Peut-on parler de déclic ? Toujours est-il que Kévin Sireau qui s'était montré parfois friable face aux ogres de la discipline dans les moments clés n'a cette fois-ci pas tremblé. Intrinsèquement, et son record du monde en atteste, il est le pistard le plus rapide au monde. Mais, et c'est là que cette discipline prend toute sa dimension, la vitesse pure ne suffit pas comme cela peut-être le cas sur un 100 m en athlétisme. Il y a tout un contexte tactique, stratégique voire de l'intox pure et simple qui entre en ligne de compte dans les matchs. Et à Cali, Kévin a marqué les esprits. La coïncidence du calendrier avec la naissance de son fils Charles quelques jours plus tôt peut-elle à elle seule expliquer ce qui peut ressembler à une prise de pouvoir, à un déclic ? Les Championnats du monde à Apeldoorn (Pays-Bas) qui se profilent en mars prochain apporteront des éléments objectifs à cette interrogation.
Objectif Londres
Un an avant les Jeux de Londres où la France n'aura qu'un représentant dans la discipline Reine du sprint, il conviendra de prendre un ascendant psychologique. Car les Jeux, comme le rappelle Benoît Vêtu l'entraîneur et mentor de Kévin restent l'objectif majeur, son coureur est "programmé" pour 2012. D'ici là, un maillot irisé conférerait incontestablement à Kévin un statut privilégié, lui qui se fait souvent "manger" médiatiquement par le Champion du Monde en titre, Grégory Baugé.
À l'heure de tirer le bilan de cette semaine Colombienne, nous retiendrons, à la manière de Laurent Fortat, le tour "stratosphérique" de Kévin en position de second relayeur de la vitesse par équipe où il a hissé à lui seul l'équipe de France sur la plus haute marche, et son incontestable domination sur Sir Chris Hoy dans la seconde et décisive manche de la vitesse individuelle où le coureur anglais s'est relevé, impuissant face à l'issoldunois.
Les signaux sont au vert, alors ne boudons pas notre plaisir de voir un BerriCHON sur le toit du monde !
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