Les plus attentifs d'entre vous ont sans doute aperçu, dimanche lors de la Classic de l'Indre, une drôle de structure gonflable. L'association « Je porte 1 casque » avait posé pour la première fois son igloo dans l'aire d'arrivée. Sa mission : sensibiliser le grand public au port du casque à vélo, roller ou ski. Et c'est la Castelroussine Catherine Briet qui a joué les ambassadrices de l'asso.
Sur la petite table, des casques en pagaille. Des flambant neufs, d'autres qui ont visiblement souffert dans une gamelle. Catherine Briet confirme en expliquant que sont exposés là des couvre-chefs qui ont sans doute sauvé la vie de leurs propriétaires, envoyés au tapis dans des chutes anodines, ou plus grave encore.
C'est le leitmotiv de l'association « Je porte 1 casque » : se servir des gamelles des uns ou des autres, des risques sans cesse encourus dans certains sports à risque pour alerter l'opinion sur les bienfaits du port du casque. Son message, l'association créée il y a deux ans par Laurent Devoyon, Audois de Sigean, l'appuie de flyers, stickers, maillots ou de la présence d'un team vététiste ou cyclosportif dans les épreuves de masse. Et pour être repéré de loin, « JP1C » plante sa structure gonflable.
Au pied des pistes, l'hiver, certains y voient un igloo. Dans les aires de départ ou d'arrivée des courses cyclistes, d'autres croient reconnaître un casque. En tout cas, l'asso fait en sorte de se faire remarquer à coup de slogans bien sentis : « Sans casque, ton cerveau est à poil » ou « Ta tête, c'est pas une pastèque ! ». Des messages forts.
« Nous sommes très nombreux à pratiquer des activités sportives à risque, que ce soit en compétition, à l'entraînement, en famille ou pour se rendre au travail, explique Laurent Devoyon. Mais de nombreux pratiquants négligent encore le port du casque, souvent par manque d'information sur sa durée de vie, son entretien, sur la manière de le porter, la taille, son utilité pour la pratique d'une discipline. Notre association est donc sur le terrain pour répondre à toutes ces questions. »
En force sur les pistes de ski
Sensibilisation et non obligation, c'est aussi le sacerdoce de Laurent Devoyon et de tous ceux qui l'ont rejoint dans l'association. La Castelroussine Catherine Briet est de ceux-là. « Laurent après avoir créé l'association, a été victime d'une chute à vélo. Il s'est fracturé la clavicule et son casque a explosé. On le présente sur le stand. Comme celui d'un autre membre de JP1C qui a chuté, l'an dernier, sur l'étape du Tour. Moi, j'aime le vélo et j'ai eu envie de me rendre utile alors j'ai adhéré il y a un an. Je ne suis pas assez sportive pour faire partie du Team. Eux, ce sont des fous ! » lâche-t-elle dans un grand sourire.
Le même qu'elle a offert aux spectateurs de la Classic de l'Indre qui se sont intéressés à l'association, dimanche. « Je suis contente parce que c'est la première fois que nous sommes présents ici. En fait, Laurent (Devoyon) stocke le matériel, l'igloo notamment, chez lui dans l'Aude. Mais comme nous étions également présents sur le Tour du Limousin, j'en ai profité pour garder le matériel un peu plus longtemps. »
Jean-Luc Pernet, l'organisateur de la Classic, n'a pas été long à décider pour accepter « Je porte 1 casque ». Lui-même a été victime d'un grave accident à vélo. Il était forcément sensible au message diffusé par Catherine Briet. « Surtout, nous ne sommes pas là pour vendre quoi que ce soit. De toute façon, nous n'avons pas l'autorisation. L'adhésion (35€) donne droit à un maillot, mais c'est un don. » Justement, les dons affluent-ils ? En d'autres termes, « Je porte 1 casque » suscite-t-elle un intérêt auprès du grand public : « Plus de 200 maillots ont été vendus cette année, en un an, plus de 250.000 personnes ont visité le site (www.jeporte1casque.com) et les gens sont de plus en plus attentifs à porter un casque sur le vélo. Ils le sont encore plus au ski. »
Il faut dire que l'hiver, l'association force l'allure en mettant à disposition des skieurs des casques en essai libre. Et puis il y a les actions prononcées à destination des scolaires : « Afin qu'ils acquièrent très tôt le réflexe de mettre un casque lors d'activités sportives » insiste Laurent Devoyon. « JP1C » se fait alors pédagogique. On comprend mieux pourquoi elle est reconnue d'intérêt public...
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